Quand on cherche à se mettre à son compte, on tombe vite sur deux expressions qui semblent désigner deux statuts : la micro-entreprise et l’auto-entrepreneur. La confusion est légitime, car les médias, les banques et les administrations n’emploient pas toujours les mêmes termes. Voici de quoi trancher, avec les repères chiffrés à jour en 2026 et les étapes pour vous lancer.
Micro-entreprise ou auto-entrepreneur : quelle différence ?
Il n’y a aucune différence de régime. Le statut d’auto-entrepreneur a été créé en 2009, puis fusionné en 2016 avec celui de micro-entrepreneur. Aujourd’hui, le terme officiel est micro-entrepreneur, mais « auto-entrepreneur » reste l’appellation courante, y compris sur le site de l’Urssaf. La micro-entreprise désigne l’activité elle-même, et l’auto-entrepreneur la personne qui l’exerce.
La vraie comparaison se fait ailleurs : entre la micro-entreprise et l’entreprise individuelle au régime réel. Dans les deux cas, vous exercez en nom propre. Seules changent la façon de calculer vos impôts et vos cotisations, ainsi que le niveau de formalités comptables.
| Critère | Micro-entrepreneur | Entreprise individuelle au régime réel |
|---|---|---|
| Calcul des cotisations | Pourcentage du chiffre d’affaires encaissé | Pourcentage du bénéfice réel |
| Charges déductibles | Non, abattement forfaitaire | Oui, au réel |
| Comptabilité | Livre des recettes, registre des achats si vente | Comptabilité complète |
| Plafond de chiffre d’affaires | Oui | Non |
Conditions et plafonds de chiffre d’affaires à respecter
Le statut est ouvert à presque tout le monde : salarié, demandeur d’emploi, retraité, fonctionnaire (sous conditions de cumul). Il suffit d’exercer une activité commerciale, artisanale ou libérale, à titre individuel. Certaines activités incompatibles existent, notamment dans l’immobilier ou pour des professions réglementées rattachées à des régimes spécifiques, il faut donc vérifier la vôtre avant de vous lancer.
Le plafond de chiffre d’affaires dépend de la nature de l’activité. Pour la période 2026-2028, il est de 203 100 € pour la vente de marchandises et l’hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services et les professions libérales. Ces montants sont revalorisés tous les trois ans, d’où l’intérêt de les recouper avec les pages de l’Urssaf et de service-public.
À côté du plafond de la micro-entreprise, il existe un seuil de TVA. Tant que vous restez sous la franchise en base de TVA (85 000 € pour la vente, 37 500 € pour les services, avec une tolérance un peu au-dessus), vous ne facturez pas de TVA et vous n’en déclarez pas. En contrepartie, vous ne la récupérez pas non plus sur vos achats, ce qui peut pénaliser une activité qui investit beaucoup.
Fiscalité, cotisations sociales et protection sociale

En micro-entreprise, vos cotisations sociales sont calculées sur le chiffre d’affaires réellement encaissé. Pas de vente, pas de cotisation. Les taux varient selon l’activité : environ 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les services commerciaux ou artisanaux, et entre 23 et 26 % pour les professions libérales selon la caisse de rattachement. Vérifiez toujours le barème en vigueur, car il évolue régulièrement.
Côté impôt sur le revenu, le régime applique un abattement forfaitaire censé couvrir vos charges : 71 % en vente (micro-BIC), 50 % pour les services commerciaux ou artisanaux (micro-BIC) et 34 % pour les activités libérales (micro-BNC). Le reste est ajouté à vos autres revenus. Vous pouvez aussi opter pour le versement libératoire de l’impôt, un pourcentage prélevé en même temps que vos cotisations, sous condition de revenu du foyer.
Versement libératoire : le calcul à faire avant de cocher la case
Le prélèvement forfaitaire est intéressant si votre foyer est imposé à une tranche élevée. Si vous êtes non imposable ou faiblement imposé, il peut vous coûter plus cher que l’impôt classique. Simulez les deux options avec votre revenu fiscal de référence avant de choisir.
La protection sociale couvre la maladie, la maternité et la retraite de base, avec des trimestres validés en fonction de votre chiffre d’affaires. Les indemnités journalières existent mais restent modestes, et il n’y a pas d’assurance chômage propre à l’activité. Si vous visez une couverture plus solide (prévoyance, mutuelle, retraite complémentaire), il faudra la souscrire vous-même.
Comment créer sa micro-entreprise : démarches, frais et obligations
La création est gratuite et se fait en ligne sur le guichet unique géré par l’INPI. Vous renseignez votre identité, votre activité et vos options fiscales, puis joignez une pièce d’identité. Quelques jours plus tard, vous recevez votre numéro SIRET et vos accès à l’espace Urssaf. Certaines activités artisanales demandent en plus un stage ou une qualification.
- Vérifier que votre activité est compatible avec le statut.
- Remplir la déclaration sur le guichet unique.
- Choisir l’option du versement libératoire si elle vous convient.
- Recevoir votre SIRET et créer votre compte Urssaf.
- Ouvrir un compte bancaire dédié si votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 € deux années de suite.
Ensuite, vos obligations sont légères mais strictes. Vous devez faire votre déclaration de chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre, même si le montant est nul. Il faut aussi tenir un livre des recettes, émettre des factures conformes et, selon votre situation, payer la cotisation foncière des entreprises (CFE), dont la première année est exonérée. Pour savoir si vous pouvez en bénéficier, lisez les conditions d’exonération de la CFE.
Limites du statut et passage vers une autre structure

Le statut de micro-entrepreneur a des limites. Vous ne déduisez pas vos charges réelles, ce qui pèse si vous avez des frais importants. Les plafonds freinent la croissance. Et vous restez responsable en nom propre, même si votre résidence principale est protégée par la loi.
Le dépassement de seuil n’entraîne pas de sortie immédiate. Si vous franchissez le plafond une seule année, vous restez en micro-entreprise l’année suivante. En revanche, un dépassement deux années de suite, ou un dépassement du plafond majoré en cours d’année, vous fait basculer vers le régime réel (et la TVA).
Quand l’activité grossit, plusieurs options s’offrent à vous : l’entreprise individuelle au régime réel, ou une société comme l’EURL ou la SASU, qui séparent mieux le patrimoine privé du patrimoine professionnel. Si vous préférez rester salarié tout en facturant, le portage salarial est une autre piste. Un échange avec un expert-comptable avant de franchir le cap évite les mauvaises surprises fiscales.
En résumé, choisir entre micro-entreprise et auto-entrepreneur n’a pas de sens, puisque c’est le même régime. La bonne question est de savoir si ce cadre allégé correspond à votre niveau de chiffre d’affaires, à vos charges et à vos projets de développement.






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