Fixer un prix, comparer deux produits ou négocier avec un fournisseur : dans tous ces cas, il faut savoir calculer un taux de marge sans se tromper de base de calcul. Pour éviter ces erreurs, consultez notre guide sur la formule de marge et taux de marque. L’opération est courte, mais une confusion avec le taux de marque ou un oubli de la TVA suffit à fausser tout le raisonnement. Voici la formule, un exemple chiffré, puis les repères pour interpréter le résultat.
Taux de marge : la formule et son calcul pas à pas
La marge commerciale est la différence entre le prix de vente HT et le coût d’achat HT d’un produit. Le taux de marge exprime cette marge en pourcentage du coût d’achat. La formule est donc la suivante :
Taux de marge = (prix de vente HT − coût d’achat HT) ÷ coût d’achat HT × 100
Le calcul se déroule en trois étapes, comme le montre aussi le calcul du taux de marge avec exemple. On commence par ramener le prix de vente et le coût d’achat en hors taxes. On soustrait ensuite le second du premier pour obtenir la marge en euros. On divise enfin cette marge par le coût d’achat, puis on multiplie par 100 pour obtenir un pourcentage.
Une précision utile : certains sites et logiciels intervertissent les deux définitions et divisent la marge par le prix de vente en parlant de « taux de marge ». En comptabilité française, cette seconde formule correspond au taux de marque. Avant de comparer vos chiffres à ceux d’un tiers, vérifiez toujours la base de calcul employée.
Exemple chiffré pour calculer son taux de marge
Prenons un commerçant qui achète un article 60 € HT et le revend 100 € HT. La marge commerciale s’établit à 100 − 60 = 40 €. Le taux de marge vaut alors 40 ÷ 60 × 100, soit 66,67 %.
Le coefficient multiplicateur, lui, se calcule en divisant le prix de vente par le coût d’achat : 100 ÷ 60 = 1,67. Pour retrouver un prix de vente à partir d’un coût d’achat, il suffit de multiplier ce dernier par le coefficient. Les deux notions sont liées : un coefficient de 1,67 correspond à un taux de marge de 67 %.
40 € de marge sur 60 € d’achat : 66,67 % ou 40 % ?
Même produit, même marge, deux pourcentages. Divisée par le coût d’achat (60 €), la marge donne le taux de marge. Divisée par le prix de vente HT (100 €), elle donne le taux de marque. Le chiffre change, pas la rentabilité réelle du produit.
Taux de marge ou taux de marque : ne pas confondre

Les deux indicateurs partent de la même marge en euros. Seul le dénominateur change, ce qui explique que le taux de marge soit toujours supérieur au taux de marque, sauf si la marge est nulle. Le taux de marque ne dépasse jamais 100 %, alors que le taux de marge peut franchir ce seuil dès que l’on vend plus du double du prix d’achat.
| Indicateur | Formule | Résultat (achat 60 €, vente 100 €) |
|---|---|---|
| Taux de marge | Marge ÷ coût d’achat HT | 66,67 % |
| Taux de marque | Marge ÷ prix de vente HT | 40 % |
Le taux de marge est pratique pour passer d’un prix d’achat à un prix de vente, puisqu’il raisonne à partir du coût. Le taux de marque se compare plus naturellement au chiffre d’affaires et à la structure des comptes de l’entreprise. Les grandes surfaces et les centrales d’achat l’emploient souvent pour cette raison.
Comment interpréter son taux de marge et l’améliorer
Un taux de marge n’a de sens que rapporté à un secteur. Une boutique de vêtements travaille couramment avec un coefficient proche de 2, soit 100 % de marge, alors qu’un distributeur alimentaire se contente de taux bien plus faibles. Il faut surtout vérifier que la marge couvre les frais généraux (loyer, salaires, énergie) et dégage un bénéfice. C’est cette comparaison qui permet d’estimer le seuil de rentabilité.
Voici quelques repères pour un coût d’achat de 50 € HT, avec le taux de marque correspondant :
| Taux de marge visé | Prix de vente HT | Taux de marque |
|---|---|---|
| 20 % | 60 € | 16,7 % |
| 30 % | 65 € | 23,1 % |
| 50 % | 75 € | 33,3 % |
| 100 % | 100 € | 50 % |
Pour améliorer son taux de marge, trois leviers existent. Le premier consiste à augmenter le prix de vente, à condition que la clientèle l’accepte. Le deuxième passe par la baisse du coût d’achat, grâce à la négociation avec les fournisseurs, à une remise sur volume ou à un changement de référence. Le troisième repose sur le mix produits : mettre en avant les articles les plus margés fait monter la moyenne sans toucher aux autres prix.
Ne confondez pas non plus la marge commerciale, qui ne tient compte que du coût d’achat des marchandises, avec la marge brute d’une activité de production ou de service, calculée après le coût de revient (voir le calcul de la marge brute). La marge nette, enfin, intervient après déduction de toutes les charges et de l’impôt. Elle mesure le résultat final, alors que le taux de marge sert à piloter les prix.
Erreurs fréquentes à éviter dans le calcul

L’erreur la plus répandue concerne la TVA. Si un produit acheté 60 € HT est affiché 120 € TTC, soit 100 € HT avec une TVA à 20 %, le calcul sur le TTC donne (120 − 60) ÷ 60 = 100 %. Le vrai taux de marge est de 66,67 %. La TVA collectée est reversée à l’État : elle ne constitue jamais un bénéfice et doit sortir du calcul, tant côté achat que côté vente.
Une deuxième erreur consiste à mélanger les bases : diviser par le prix de vente tout en appelant le résultat « taux de marge », puis le comparer à un objectif fixé sur le coût d’achat. Mieux vaut noter la formule utilisée en tête de chaque tableau de suivi.
Troisième piège : oublier une partie du coût d’achat. Transport, droits de douane ou emballage font partie du prix d’achat réel. Ignorer ces frais gonfle artificiellement le taux de marge, et c’est souvent à la clôture des comptes que l’écart apparaît. Un calculateur de marge en ligne peut servir de contrôle, à condition de vérifier quelle formule il applique.
Enfin, un taux de marge élevé ne garantit pas la rentabilité. Un produit à 100 % de marge qui se vend peu rapporte moins qu’un article à 30 % écoulé en grande quantité. Croisez donc toujours le taux avec les volumes vendus et les frais généraux avant de conclure.





