Pour fixer un tarif, comparer deux produits ou vérifier la rentabilité d’une activité, il faut savoir calculer une marge sans se tromper de base, et la formule du taux de marge pose les bases. Le calcul est court, mais deux pourcentages différents circulent sous des noms voisins, et la confusion coûte cher. Voici la méthode, un exemple chiffré repris à chaque étape et les pièges à éviter.
Comment calculer une marge : la formule de base
La marge commerciale est la différence entre le prix de vente et le coût d’achat, tous deux exprimés hors taxes :
Marge = prix de vente HT − coût d’achat HT
Un article acheté 70 € HT et revendu 100 € HT dégage donc une marge de 30 €. Ce montant est exprimé en euros, il ne dit rien encore de la rentabilité relative. Pour la mesurer, on le rapporte à une base sous forme de pourcentage, et c’est là que les choix de base se jouent : le guide sur le calcul de marge et taux de marque détaille chaque option.
Il faut aussi distinguer deux niveaux. La marge brute correspond au prix de vente moins le coût des marchandises vendues (ou le coût d’achat pour un revendeur). La marge nette, elle, intègre ensuite les frais généraux, les salaires, les charges et les impôts. Un commerçant qui s’arrête à la marge brute surestime son bénéfice réel.
Taux de marge, taux de marque et majoration : ne pas confondre
Trois ratios partent de la même marge en euros, mais pas de la même base. Dans le vocabulaire comptable français, le taux de marque rapporte la marge au prix de vente, alors que le taux de marge (ou taux de majoration) la rapporte au coût d’achat. Beaucoup de sites et de logiciels appellent pourtant « taux de marge » la marge calculée sur le prix de vente. Avant de comparer deux chiffres, vérifiez toujours la base utilisée.
- Taux de marque = (prix de vente − coût d’achat) ÷ prix de vente × 100
- Taux de marge ou majoration = (prix de vente − coût d’achat) ÷ coût d’achat × 100
- Coefficient multiplicateur = prix de vente ÷ coût d’achat
Avec notre exemple (achat 70 €, vente 100 €), la marge de 30 € donne un taux de marque de 30 % (30 ÷ 100) et une majoration de 42,9 % (30 ÷ 70). Le coefficient multiplicateur vaut 1,429 : le prix d’achat multiplié par ce chiffre redonne le prix de vente. Le taux de marque ne peut jamais dépasser 100 %, alors que la majoration, elle, le peut.
Tableau de correspondance
Ce tableau convertit une marge exprimée sur le prix de vente en majoration et en coefficient.
| Marge sur prix de vente | Majoration (sur coût d’achat) | Coefficient multiplicateur |
|---|---|---|
| 10 % | 11,1 % | 1,111 |
| 20 % | 25 % | 1,250 |
| 25 % | 33,3 % | 1,333 |
| 30 % | 42,9 % | 1,429 |
| 40 % | 66,7 % | 1,667 |
| 50 % | 100 % | 2,000 |
Exemple de calcul pas à pas

Reprenons un produit acheté 70 € HT à son fournisseur et vendu 100 € HT. Voici les étapes dans l’ordre.
- Calculez la marge en euros : 100 − 70 = 30 €.
- Calculez le taux de marque : 30 ÷ 100 × 100 = 30 %.
- Calculez la majoration : 30 ÷ 70 × 100 = 42,86 %.
- Calculez le coefficient multiplicateur : 100 ÷ 70 = 1,4286.
Si vous vendez 200 unités dans le mois, votre chiffre d’affaires est de 20 000 € HT et votre marge brute totale de 6 000 €. Ce dernier montant doit encore couvrir loyer, salaires et autres charges avant de devenir un bénéfice.
Calculer son prix de vente à partir d’un objectif de marge
Dans la pratique, on part souvent du résultat voulu : « je veux une marge de 30 % ». Pour une marge calculée sur le prix de vente, on divise le prix d’achat par (1 − taux de marque) :
Prix de vente = prix d’achat ÷ (1 − 0,30) = 70 ÷ 0,70 = 100 €
On retrouve bien nos 100 € HT. Pour passer par le coefficient, on applique 1 ÷ (1 − taux de marque), soit 1,429 pour 30 %. Le prix de vente TTC s’obtient ensuite en ajoutant la TVA applicable, par exemple 20 % : 100 € HT deviennent 120 € TTC.
70 × 1,30 = 91 € : le faux prix à 30 % de marge
Ajouter 30 % au prix d’achat est la confusion la plus courante. Le prix obtient 91 €, soit 21 € de marge, ce qui représente 23,1 % du prix de vente et non 30 %. Pour une marge de 30 % sur le prix de vente, il faut diviser par 0,70, ou multiplier par 1,429.
Quels coûts inclure dans le calcul de la marge ?
Le coût d’achat seul donne une marge flatteuse mais incomplète. Pour mesurer la rentabilité réelle, il faut raisonner en coût de revient, c’est-à-dire le coût d’achat augmenté de tout ce qui a été dépensé pour mettre le produit entre les mains du client : transport, emballage, droits de douane, commissions de plateforme, coûts variables liés à la vente.
Prenons 10 € de frais par article dans notre exemple. Le coût de revient passe à 80 €, la marge à 20 € et le taux de marque à 20 % pour un prix de vente inchangé de 100 € HT. L’écart de dix points avec le calcul initial montre pourquoi un prix jugé confortable peut en réalité laisser peu de place au bénéfice.
Les frais généraux (loyer, assurances, abonnements, salaires fixes) s’imputent plutôt sur l’ensemble de l’activité. On les répartit sur les produits à partir d’une clé de calcul, ou on vérifie que la marge brute totale les couvre. Les coûts variables évoluent avec le volume vendu, les coûts fixes non : la distinction aide à calculer le seuil à partir duquel l’activité devient rentable.
Questions fréquentes

Quelle différence entre marge et majoration ?
La marge se mesure généralement par rapport au prix de vente, la majoration par rapport au coût d’achat. Pour une même opération, la majoration est donc toujours supérieure au taux de marque : 42,9 % contre 30 % dans notre exemple.
Faut-il calculer une marge en HT ou en TTC ?
Toujours en hors taxes. La TVA est reversée à l’État et ne constitue ni un coût ni un bénéfice pour l’entreprise. Mélanger un achat HT et une vente TTC fausse le résultat.
Quelle marge est considérée comme correcte ?
Cela dépend du secteur. La grande distribution travaille avec des marges faibles compensées par le volume, alors que l’artisanat, la restauration ou la vente de services affichent souvent des marges bien plus élevées. Le bon repère est la marge qui couvre vos charges et dégage un bénéfice suffisant.






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[…] de marge sans se tromper de base de calcul. Pour éviter ces erreurs, consultez notre guide sur la formule de marge et taux de marque. L’opération est courte, mais une confusion avec le taux de marque ou un oubli de la TVA […]