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Auto-entrepreneur : impôt première année, comment le calculer et le déclarer

Femme assise bureau calculatrice formulaires papier

Vous venez de créer votre activité et vous vous demandez ce qui va réellement sortir de votre poche ? Pour un auto-entrepreneur, l’impôt de la première année n’a rien de spécial : aucune exonération générale n’existe. Ce qui change, c’est la façon dont les sommes se répartissent entre cotisations sociales et impôt sur le revenu, et le moment où vous les payez.

Paie-t-on vraiment des impôts la première année en auto-entreprise ?

Oui, mais en deux volets distincts. D’un côté, les cotisations sociales versées à l’URSSAF, calculées en pourcentage de votre chiffre d’affaires encaissé. De l’autre, l’impôt sur le revenu, qui s’applique à votre revenu imposable, c’est-à-dire au chiffre d’affaires moins un abattement forfaitaire. Quand vous ne réalisez aucun chiffre d’affaires, vous ne payez aucune cotisation.

Les taux de cotisation 2026 du micro-entrepreneur sont d’environ 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) et 24,6 % pour les prestations libérales relevant des BNC (hors professions affiliées à la CIPAV, à 23,2 %). À ces taux s’ajoute une petite contribution à la formation professionnelle, comprise entre 0,1 % et 0,3 % selon l’activité.

20 000 € de chiffre d’affaires en BNC : ce que cela donne

Cotisations sociales : 20 000 × 24,6 % = 4 920 €.

Revenu imposable : 20 000 − 34 % d’abattement = 13 200 €.

Impôt sur le revenu pour un célibataire sans autre revenu : environ 176 € avant décote, souvent ramené à zéro.

Il vous reste donc environ 15 000 € avant impôt, soit 1 250 € par mois.

Cet exemple montre que, pour un petit chiffre d’affaires, le poids principal vient des cotisations et non de l’impôt. Le résultat varie selon votre situation familiale et vos autres revenus, mais l’ordre de grandeur reste celui-là.

Comment calculer l’impôt : abattement forfaitaire, barème ou versement libératoire

Le régime par défaut : abattement puis barème progressif

Sans option particulière, l’administration applique un abattement forfaitaire censé représenter vos charges : 71 % pour la vente de marchandises, 50 % pour les prestations de services BIC et 34 % pour les BNC (avec un minimum de 305 €). Le revenu imposable obtenu s’ajoute aux autres revenus de votre foyer fiscal. Il est ensuite soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu : 0 % jusqu’à 11 600 € par part, 11 % jusqu’à 29 579 €, 30 % jusqu’à 84 577 €, puis 41 % et 45 % au-delà.

L’option du versement libératoire

Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu consiste à payer l’impôt en même temps que les cotisations, avec un pourcentage fixe du chiffre d’affaires : 1 % pour la vente, 1,7 % pour les prestations BIC et 2,2 % pour les BNC. Vous pouvez en bénéficier si le revenu fiscal de référence de votre foyer ne dépasse pas un plafond, d’environ 28 800 € par part de quotient familial (à vérifier chaque année). Vous devez en faire la demande auprès de l’URSSAF, au plus tard le 30 septembre pour une application dès l’année en cours.

Dans notre exemple à 20 000 €, le versement libératoire coûterait 440 €, contre 0 à 176 € avec le barème. L’option n’est donc intéressante que pour les foyers dont le taux marginal d’imposition est élevé (30 % et plus). Pour un revenu modeste, elle revient souvent plus cher que le régime classique.

Les exonérations possibles la première année : ACRE, CFE et franchise de TVA

Jeune entrepreneur analysant des factures sur un bureau lumineux

Trois dispositifs allègent réellement la facture de départ. Aucun ne supprime l’impôt sur le revenu, mais ils réduisent les cotisations, la fiscalité locale et la TVA à gérer, notamment avec la franchise en base de TVA.

Dispositif Effet Conditions
ACRE Réduction du taux de cotisation pendant les 4 premiers trimestres civils Création ou reprise d’activité, accordée automatiquement aux micro-entrepreneurs ; la réduction est de 50 % pour les créations jusqu’au 30 juin 2026 et de 25 % ensuite
CFE Aucune cotisation foncière des entreprises l’année de création Automatique ; elle est due dès l’année suivante, avec une exonération si le chiffre d’affaires reste très faible (5 000 € ou moins)
Franchise en base de TVA Pas de TVA facturée ni reversée Chiffre d’affaires sous 85 000 € (vente) ou 37 500 € (services) ; mention « TVA non applicable » sur les factures

Avec l’ACRE, le taux de cotisation de l’exemple tombe de 24,6 % à environ 12,3 % pendant la période d’application, ce qui représente plus de 2 400 € d’économie sur 20 000 € de chiffre d’affaires. Les modalités de l’ACRE évoluent : vérifiez le taux correspondant à votre date de création avant de faire vos prévisions.

Comment déclarer ses revenus : URSSAF et formulaire 2042-C-PRO

Vous effectuez deux déclarations différentes. La première, mensuelle ou trimestrielle, se fait sur le site de l’URSSAF : vous y indiquez votre chiffre d’affaires encaissé (même s’il est nul) et le montant des cotisations est calculé automatiquement. La seconde est votre déclaration de revenus annuelle, au printemps de l’année suivante.

Pour cette déclaration, vous complétez le formulaire 2042-C-PRO, en plus de la déclaration principale. Vous y reportez le chiffre d’affaires brut dans les cases correspondant à votre catégorie (vente, services BIC ou BNC). L’administration applique l’abattement forfaitaire d’elle-même : inutile de saisir vos frais. Si vous avez opté pour le versement libératoire, le chiffre d’affaires est tout de même à déclarer, mais il est exclu du calcul du barème.

Calendrier des déclarations et paiements la première année

Bureau avec agenda ouvert, stylo et calculatrice sur bois

Une activité créée en 2026 donne lieu à une déclaration de revenus au printemps 2027. Voici la chronologie à suivre :

  1. Dès l’immatriculation : choix de la périodicité (mensuelle ou trimestrielle) et, si vous le souhaitez, demande de versement libératoire.
  2. Pendant l’année : déclaration du chiffre d’affaires sur le site de l’URSSAF et paiement des cotisations sociales à chaque échéance.
  3. Avril à juin de l’année suivante : déclaration de revenus et formulaire 2042-C-PRO, la date limite de déclaration variant selon votre département et le mode de dépôt.
  4. Été ou septembre : réception de l’avis d’imposition et paiement du solde d’impôt éventuel, à moins que vous n’ayez opté pour le versement libératoire.

Contrairement aux années suivantes, aucun acompte d’impôt n’est prélevé la première année, car il se calcule sur les revenus de l’année précédente. Le solde peut donc arriver d’un seul coup. Mettez de côté une petite part de chaque encaissement dès les premiers mois pour éviter la mauvaise surprise.

Dès la deuxième année, la cotisation foncière des entreprises s’ajoute à vos charges, l’ACRE prend fin et des acomptes d’impôt sont mis en place. Pour estimer votre situation avec votre propre chiffre d’affaires, le simulateur Mon-entreprise de l’URSSAF vous donne un résultat personnalisé en quelques clics.

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Article publié par la rédaction de objectif-entreprendre.com.

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